En partenariat avec le Festival Circulation(s), les expositions Preuves d'amour de Camille Gharbi et Los Menomos de Jordi Ruiz Cirera sont à découvrir sur la parvis de la Gare de l'Est du 20 avril au 30 juin.

Rubriques associées :
Culture, Expo photos

Exposition "Preuves d'Amour" de Camille Gharbi

La série Preuves d’amour nous met face à la violence domestique à travers son expression la plus extrême : l’homicide conjugal. En France, une femme meurt tous les trois jours tuée par son conjoint dans le cadre même du foyer. Ces « drames conjugaux» ponctuent les rubriques « Faits divers » avec des détails souvent glaçants. L’arme du crime est tantôt une casserole, tantôt un fer à repasser ou un tournevis. L’histoire se répète, donnant l’impression que la violence conjugale est un phénomène endémique. Pour évoquer ce sujet à la fois terrible et si commun, Camille Gharbi a pris le parti de concentrer son travail photographique sur ces objets du quotidien qui se voient transformés en armes meurtrières. Ces artefacts familiers sont cadrés sur un fond bleu clair sobre. Ils ne permettent pas de saisir de prime abord la gravité des faits auxquels ils font référence. À travers la violence distanciée de ces images, Camille Gharbi lie photographie et information et porte sur la place publique un drame sociétal.

 Ce travail a été rendu possible grâce à la vigilance du collectif « Féminicides par compagnons ou ex », qui recence les féminicides conjugaux annoncés dans les médias depuis 2016.

 Née en 1984, Camille Gharbi vit et travaille à Paris. Architecte de formation, elle évolue dans les domaines de la photographie d’architecture et du portrait. En parallèle de son travail de commande, elle développe des projets personnels sur des thématiques qui lui tiennent à cœur, notamment la problématique des migrations, la question de l’habitat et le respect des droits humains.

Exposition "Los Menonos" de Jordi Ruiz Cirera

Le travail de Jordi Ruiz Cirera est le fruit d’une immersion dans la communauté des Mennonites, dans l’Est de la Bolivie. Les Mennonites sont des chrétiens anabaptistes, venus dans les années 1950 du Canada, du Mexique et du Belize. Vivant à l’écart de tout, ils mènent la même existence que leurs ancêtres, sans voiture, téléphone ni électricité. Loin de tout, ils ont développé un fort sentiment d’appartenance à leur communauté. Toutefois, l’urbanisation rampante du territoire menace leurs terres et leur tranquillité. Les villes et leurs lots de tentation se rapprochent. L’influence du monde moderne, l’accès à la musique, à l’alcool, aux voitures mettent en péril leurs coutumes séculaires. Conscients qu’il pourrait bien s’agir de la fin de la communauté, les Mennonites cherchent à migrer vers des terres plus reculées, mais les espaces vierges sont devenus rares en Bolivie.

À travers cette série de portraits, qui explore les relations et les rôles de chacun au sein de la communauté, Jordi Ruiz Cirera dévoile un autre modèle de vie, un autre possible qui s’inscrit à rebours de notre quotidien consumériste et hyperconnecté.

Jordi Ruiz Cirera est né à Barcelone en 1984. Il vit et travaille à Mexico. Photographe documentaire, il mène des projets au long cours, étudiant notamment les effets de la globalisation sur de petites communautés. Il s’intéresse également aux phénomènes migratoires entre l’Amérique centrale et l’Amérique du Nord. Il est reporter pour de nombreuses publications internationales telles que le New York Times, le Sunday Times Magazine, le Guardian ou Le Monde M.

"Preuve d'amour" de Camille Gharbi David Paquin
sur 3
Votre gare : Paris Est

Richard DELEPIERRE, directeur de gare

Place du 11 novembre 1918 75010 Paris

horaires

Lundi - Mardi - Mercredi - Jeudi - Vendredi - Samedi - Dimanche de 05:00 à 01:00

horaires jours fériés

Lundi - Mardi - Mercredi - Jeudi - Vendredi - Samedi - Dimanche de 05:00 à 01:00